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14.03.2010

aaaah l'ouverture de la truite, enfin!

Aaaaaah l'ouverture de la truite!! chaque fois c'est la même chose! On a beau se dire que comme chaque année, ça va être décevant parce qu'il y aura beaucoup de monde, ça va piétiner, arriver en tenues rouges ou fluos plus appropriées sur une piste de ski qu'au bord d'une rivière(surtout pour la belle mouchetée, si farouche, qui nous intéresse!!), c'est quand même l'ouverture!

Le carnassier est fermé depuis fin janvier et ça fait des semaines que l'on a eu le temps de vérifier l'état du matériel, changer le fil des moulinets(normalement, voir « le quart d'heure américain » dans les autres articles), compléter les boites...enfin bref, on est prêt, archi prêt, chaud comme la braise!!

Cette année je ne savais vraiment pas où aller. Souvent je l'ai faite avec des copains du coté de la Salvetat, qui louent un gîte chaque année pour cette occasion, mais on y est confronté aux problèmes évoqués tout à l'heure. Ou bien avec mon copain J.L, fils de pêcheur, pêcheur lui même depuis toujours, né dans l'arrière pays et connaissant les rivières de la région comme personne. j'ai toujours beaucoup de plaisir à aller pêcher avec lui, car nous partageons les mêmes valeurs de respect des poissons et des sites, et sans avoir à nous concerter, nous pêchons efficacement sans jamais nous gêner, mais au contraire en étant complémentaires.006.JPG

Après quelques délibérations nous décidions de partir pour la Dourbie, au dessus du village de Dourbie justement, car il est vrai que l'on y trouve une belle population de farios et que l'on y rencontre peu de monde à cette période. En effet, les conditions climatiques et le dénivellement des abords de la rivière sont assez dissuasifs en cette saison où l'on trouve des températures négatives et un épais manteau de neige et de glace qui rendent assez dangereuse la progression. Mais tout ceci pèse bien peu à coté de la beauté du site, de l'apaisement et de la plénitude qu'il procure.

Après un départ vers 5h30 de Clermont l'Hérault, nous sommes arrivés vers 6h45 sur place. Après un petit café bienvenu, vu le froid polaire qu'il faisait au lever du jour, nous descendons sur 200 mètres dans 20 cm de neige, une pente abrupte pour arriver au bord de l'eau. Les bordures de la rivière sont recouvertes de glace et extrêmement glissantes et il faut faire attention aux cassures entre les rochers, dissimulées par la neige, on peut facilement y laisser un ligament croisé!

L'eau était cristalline, un soleil timide commençait à irradier la neige, quel spectacle pour les yeux comme pour l'âme, il ne manquait plus que les truites! Car depuis tout à l'heure je m'extasie sur le décor mais il ne faut quand même pas perdre de vue notre objectif principal: faire du poisson!!

Après quelques heures de pêche minutieuse toujours pas la moindre touche! Nous n'en revenons pas tous les deux. C'est bien la première fois! C'est vrai qu'elles sont farouches et sauvages sur cette portion de la rivière que nous connaissons bien pour y être venus souvent, mais là vraiment, pas le moindre toc, même pas aperçu une ombre furtive sous l'eau, le calme plat, rien, nada, walou...D'habitude même avec des conditions similaires, on arrive toujours à toucher au minimum 2/3 poissons chacun, mais cette fois ci le néant.

Après un pique nique réparateur bien mérité, vu les efforts physiques déployés toute la matinée, nous avons décidé de descendre du coté de Nant où les eaux seraient moins froides. Une fois sur place et après avoir croisé un pêcheur tous les 20 mètres, nous disant qu'il n'avait pas vu la queue d'un poisson, nous décidions de ne pas perdre de temps à cet endroit et de jouer nos dernières cartes sur la Brèze au dessus de Soubès.

C'est là que mon pote J.L réussissait presque à nous sauver de la bredouille en décrochant une truite, mais rien de plus malgré notre insistance jusqu'en fin d'après midi.005.JPG

Étaient ce les récentes pluies qui avaient gavé nos salmonidés préférés, étaient ce les écarts importants de températures enregistrés ces derniers jours qui avaient perturbé les mœurs de nos belles mouchetées ou avaient elles tous simplement ouvert le calendrier...nous n'en saurons rien, quoiqu'il en soit, ce fut une magnifique journée sportive, dépaysante, apaisante même si les poissons ne furent pas au rendez-vous, mais n'est ce pas ça aussi la pêche ? C'est pas si mal l'ouverture finalement!

 

 

10.02.2010

le float-tube mérite de la pub!

 

Je voudrai parler d'un type d'embarcation peu répandu en France et qui pourtant présente de très nombreux avantages comparé à une barque : le float-tube.

 

En schématisant, on peut dire qu'il s'agit d'une sorte de fauteuil gonflable duquel dépasse les jambes et où le corps est immergé jusqu'à la taille et qui se propulse grâce aux palmes et aux battements de pieds de l'utilisateur.

Il existe maintenant des modèles où le corps est surélevé (outcast), voir même hors de l'eau (poonton boat) mais je ne vous en parlerai pas car je n'ai jamais eu l'occasion d'en tester.

 

Les principaux avantages du float-tube sont : son poids (environ 3 kg selon les modèles) et son faible encombrement. Les dimensions  tournent autour de130/150x100/120 cm (toujours selon les modèles) une fois gonflé, mais avant gonflage il rentre dans un sac. On peut donc l'emmener dans les endroits les plus inaccessibles et se mettre à l'eau n'importe où.

 

 

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Là je parle du coté purement pratique et fonctionnel de l'objet, par rapport aux exigences et aux aménagements spécifiques qu'imposent la mise à l'eau d'une barque.

 

Pour ce qui concerne la pêche, on retrouve encore de nombreux avantages. En effet une fois dans l'eau, la faune, autant les poissons et tout ce qui est batraciens, tortues, que les oiseaux vous perçoivent totalement différemment : vous n'êtes plus un humain armé d'un objet qui envahit leur territoire, mais une espèce inconnue qui inspire la curiosité plus que la méfiance.

Il n'est pas rare de se retrouver avec une carpe de 10 kilos qui reste postée entre vos jambes (à la toucher !) pendant plusieurs minutes à se demander quelle est cette drôle de grenouille géante !

 

Inutile de préciser, que pour faire une approche sur un poste à brochet, il n'existe rien de plus discret. Le positionnement par rapport à ce poste souvent encombré est idéal car vous pouvez vous en approchez au plus près et sous l'angle que vous souhaitez. Ce type de navigation vous permet également de ressentir parfaitement les courants, et d'avoir par conséquent, une lecture de l'eau très précise, voir instinctive.

 

Un plus indéniable est le coté sportif de cette pratique. En effet en fonction de la distance parcourue et des courants, je peux vous affirmer que cela vaut un bon footing. Quand vous passez plusieurs heures à palmer, contre le vent ou des courants un peu costauds, vous risquez les courbatures aux cuisses et aux mollets si vous manquez un peu d'entrainement !

 

Et puis tout simplement quel plaisir de se laisser porter par l'eau, au milieu d'une nature qui ne vous craint pas, de pouvoir observer tout ce petit monde sans le déranger, en s'y sentant intégré, de voir passer une famille de ragondins à quelques mètres, un martin pêcheur en piqué...

 

Tout cela pour des tarifs raisonnables, vous pouvez avoir, en premiers prix des modèles autour de 130 € et jusqu'à 1000 € pour des poontons boats. Il faut quand même prévoir un wadder (néoprène pour l'hiver, environ 100€), une paire de palmes spéciales (40€) pour mettre par-dessus vos chaussures, une pompe de gonflage (50€) et votre matériel pour pêcher aux leurres habituel.

 

Si vous voulez tester ce type de pêche avant d'investir dans votre propre équipement, vous pouvez faire appel à un guide (votre serviteur par exemple !!) qui mettra à votre disposition le matériel adéquat ainsi que ses précieux conseils pour débuter. Mais attention, quand on a essayé, difficile d'arrêter !

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Contrairement à ce que l'on pourrait penser, je ne suis pas entrain de faire la sieste, mais c'est faisable !!

 

31.01.2010

le quart d'heure américain

 

"Le quart d'heure américain" qui signifie (je ne suis pas sûr que cela existe toujours! je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans...) que dans une soirée pendant un quart d'heure ce sont les filles qui vont aborder les garçons! Quel rapport avec la pêche allez-vous me dire? Aucun si ce n'est que lors d'une de mes récentes sorties de pêche, j'ai connu ce fameux quart d'heure de folie où ce sont les poissons qui vous sautent dessus littéralement!

C'était par une belle journée d'hiver, ou le vent froid et sec chasse les nuages et les frileux, et oblige les pêcheurs (les pas frileux!!) à s'orienter vers des pêches plus statiques, pour ne pas passer leur temps à maintenir la barque, face à des bourrasques tournantes, qui transforment le bateau en girouette.

En tant que guide je n'ai pas souvent l'occasion de pratiquer la pêche au vif ou au posé, je le fais de temps en temps à titre personnel, quand les conditions météo m'y contraignent ou quand j'ai envie de passer un moment calme à contempler la nature. J'utilise du matériel assez haut de gamme pour mes clients et je le contrôle très régulièrement, mais mes cannes pour le vif je ne les sors pas souvent, si bien que je ne savais plus trop de quand datait mon fil et je décidais de partir quand même, un peu à l'aventure, n'ayant pas le temps de le remplacer.

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Après quelques recherches à l'aide du sondeur, je localisais un endroit sur l'ancien lit de la rivière Salagou, où comme je m'y attendais, une densité de poissons importante venait animer l'écran. Je déposais mes poids morts pour stabiliser la barque car le vent s'intensifiait au fur et à mesure que le jour se levait. Je mis deux cannes à bouchon à l'eau, avec sur l'une un gardon d'une vingtaine de centimètres et sur l'autre une ablette plus petite. Je surveillais attentivement du coin de l'œil mes flotteurs tout en armant une canne à mort manié, histoire de m'occuper les mains et de prospecter un peu plus large.

Le temps s'écoulait doucement sans qu'il ne se passe rien, malgré mon sondeur qui indiquait une belle activité en dessous à un mètre du fond, synonyme de sandres. Je décidais de monter une canne pour la verticale en me disant que je pourrais les faire mordre par la provocation puisque la faim n'avait pas l'air d'être au rendez vous, mais cela ne donna rien non plus.

Vers 10 heures je sortais quand même un brochet de 70 cm au mort manié mais pas le moindre sandre, alors qu'ils étaient là, sous moi, j'en étais sûr ! La matinée resta très calme et je commençais à refroidir vraiment, aussi bien au niveau de ma motivation que de ma température corporelle.

 


Je commençais à remonter mes cannes, prêt à capituler devant le vent du nord et le manque d'appétit des poissons, quand je vis des carpistes allemands qui occupaient une crique depuis une semaine (si, si, je suis venu plusieurs fois cette semaine là !) lever le camp. Je connais bien cette petite anse (et non pas Hans, je ne connaissais pas leurs prénoms ! !), il y a un haut fond avec deux belles fosses autour, où je tape régulièrement du poisson.DSC00200.JPG

Avant de rentrer, je me suis dit que j'allais y lancer une paire de fois ma monture manié histoire de voir. Sur le sondeur il y avait un énorme banc de poissons fourrages ce qui est plutôt de bonne augure .Dés le premier lancer je sortais une belle perche de 38 cm, où il y en a une, il y en a d'autres, je retapais un peu ma monture et relançais : deuxième perche !! Un peu plus grosse que la première.

Je décidais d'immobiliser à nouveau la barque et de ressortir les autres cannes. J'avais à peine mis à l'eau un gros gardon que mon bouchon plongeât sous la surface, je posais donc la deuxième canne que je préparais, et après quelques secondes je fis un ferrage ample, qui donna lieu au départ d'un véritable sous marin. Après que mon frein ait relâché quelques mètres de fil je senti le «  clac » significatif du fil qui casse net ! Je maudissais ma négligence car le fil avait lâché en plein sur le corps de ligne et non pas sur un nœud, signe typique d'une usure  importante.

Je mettais à l'eau la deuxième ligne, et me dépêchait de remonter celle qui venait de casser. Une fois fait, je remontais également la canne à manié, j'avais à peine fais mon premier lancé que je vis un des deux bouchons partir sous l'eau comme une fusée, je remontais vite ma monture manié pour m'occuper de ce départ, quand je pris une « patate » dans le bras : une autre perche de très belle taille avait sauté dessus ! Je l'épuisais rapidement pour pouvoir me saisir de l'autre canne dont je ne voyais plus du tout le bouchon.

Je pris la canne en main et commençais à reprendre du fil doucement pour localiser la direction qu'avait pris le poisson, en l'occurrence sous la barque.je m'apprêtais à ferrer quand je vis le second bouchon partir lui aussi, un truc de fou !! Pas de panique un à la fois ! Après un petit combat je remontais un joli sandre d'environ 75 cm (je dis environ parce que je n'ai pas eu le temps de le mesurer avant de le remettre à l'eau, j'avais une urgence !).Je me saisis de l'autre canne et je sortis un beau brochet de 72 cm. Je n'avais plus que la canne à manié d'opérationnelle, je remontais vite un poisson sur ma monture, mais plus rien, le coup de folie était passé.

J'insistais encore une heure en suivant le banc de fourrages au manié mais la frénésie avait bel et bien cédé place au calme. Je rentrais frigorifié mais serein, avec quand même le regret d'avoir manqué le « sous marin ». Ce sont les cordonniers les plus mal chaussés dit on, mais il en va parfois de même pour les guides et leurs cannes personnelles.

En tous cas ce fut une belle demi-heure américaine !!

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